La proposition 2968 fermerait la France aux yachts de 50 mètres, amendes jusqu'à 15 pour cent

Ce que dit vraiment la proposition 2968
Le texte a été enregistré à l'Assemblée nationale le 23 juin 2026 sous le numéro 2968, sous le titre visant à interdire l'accès et l'usage des superyachts dans les eaux et ports français. Le premier signataire est Thomas Portes, député de La France Insoumise, accompagné d'autres membres de son groupe. Le seuil retenu est une longueur hors tout de 50 mètres. Toute unité de plaisance égale ou supérieure se verrait refuser l'accès aux ports maritimes français, une place de port et l'autorisation de mouiller dans les eaux françaises.
La seule exception est l'urgence maritime, qui laisse intact le droit de refuge et rien d'autre. Les auteurs appuient leur démonstration sur quatre points : la consommation de carburant des plus grandes unités, l'usage d'infrastructures portuaires financées par l'argent public pour des loisirs privés, les dégâts d'ancrage sur les herbiers de Posidonia oceanica et la détention par des structures offshore. Le dossier est parti à la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire. Il n'a ni date d'examen ni rapporteur, et il ne compte qu'un seul document, la proposition elle-même.

Le barème des sanctions est la partie inhabituelle
Les règles d'accès de ce type prévoient d'ordinaire une amende fixe. Celle-ci fixe la sanction en proportion de la valeur estimée de l'unité, de 1 pour cent à 15 pour cent, de sorte qu'elle grandit avec le bateau et non avec l'infraction. Sur un yacht estimé à EUR 60 millions, la fourchette va de EUR 600 000 à EUR 9 millions pour un seul manquement.
Deux autres sanctions se tiennent derrière l'amende. L'État pourrait confisquer l'unité et l'affecter à ce que le texte appelle un usage d'intérêt général, et il pourrait prononcer une exclusion de cinq à dix ans qui suit le propriétaire et non la coque, tenant hors des eaux françaises tout autre yacht lui appartenant. La proposition demande aussi la communication des bénéficiaires effectifs et la transparence sur les contrats de travail de l'équipage. Ce sont ces deux clauses qui toucheraient un propriétaire n'ayant jamais envisagé d'amener un 50 mètres en France.

Ce que perdrait un propriétaire de 50 mètres
La Riviera n'est pas un port, c'est le centre opérationnel de la saison méditerranéenne. Le Riviera Yachting Network compte 40 ports sur la côte méditerranéenne française qui accueillent des yachts, de Marseille à Menton, et estime que la moitié de la flotte mondiale se trouve sur ce littoral l'été. Antibes, Cannes, Golfe-Juan et Saint-Tropez sont les adresses en jeu. Celui qui en est exclu garde l'Italie et l'Espagne et perd la côte que le marché du charter valorise le plus.
L'exposition au refit est plus lourde et moins visible. Le même organisme situe dans le sud de la France plus d'un quart des refits mondiaux de yachts de plus de 30 mètres et estime qu'un yacht absorbe chaque année environ 10 pour cent de sa valeur en entretien et en maintenance. Le chiffre d'affaires du yachting français dépasse EUR 2 milliards, plus de la moitié produite dans le sud. Une exclusion à 50 mètres déplacerait ce travail vers Barcelone, Gênes et les chantiers néerlandais, et la chaîne technique avec lui.

Une ligne nette à 50 mètres crée une marche
Un seuil binaire fait ce que font toujours les seuils binaires. Un yacht de 49,99 mètres resterait intact et un yacht de 50,01 mètres serait exclu, pour une différence de coût de construction presque nulle. SuperYacht24 a rapporté la réaction évidente du secteur : la mesure créerait surtout une demande de coques juste sous la ligne au lieu de réduire les émissions visées par les auteurs. Le métier conçoit déjà couramment en fonction des seuils réglementaires, de la manière la plus visible autour de la barre des 500 GT.
Pour un acheteur qui pèse aujourd'hui une revente, la question est plus étroite que la politique. Si un seuil de longueur de ce genre entrait un jour dans le droit français, le marché se scinderait entre coques avec accès à la Riviera et coques sans, et le second groupe porterait une décote qui n'a rien à voir avec le bateau. C'est l'argument le plus fort du secteur contre la proposition, car la scission arriverait sans l'effet environnemental pour lequel le texte est écrit.



Les chances sont minces, le signal compte
Une proposition de loi issue d'un groupe d'opposition rencontre un problème de calendrier avant de rencontrer un vote. Les travaux du gouvernement occupent l'essentiel de l'ordre du jour, et un texte comme celui-ci atteint l'hémicycle surtout par la journée réservée dont dispose chaque groupe. La proposition 2968 n'a aucun soutien gouvernemental au dossier, aucune date d'examen et aucun rapport de commission. C'est une prise de position, pas une menace sur les programmes de navigation.
Ce qu'il faut suivre n'est pas l'interdiction. C'est qu'une ligne de 50 mètres et une obligation de communication des bénéficiaires effectifs figurent désormais dans un document parlementaire français portant un numéro, et c'est là que naissent d'ordinaire les règles durables. Les propriétaires de cette tranche n'ont rien à faire sur le plan opérationnel, et les bateaux réservés à Antibes et à La Ciotat cet automne s'y rendront comme prévu. La prochaine étape visible, s'il y en a une, est la nomination d'un rapporteur.
Ce que rapportent propriétaires et équipages
L'objectif affiché du signataire est le retrait, pas l'encadrement
Le texte est présenté en termes climatiques, les unités confisquées devant être réemployées pour des activités d'utilité collective supérieure. Ce cadrage pèse plus que la rédaction, car c'est lui qu'un texte ultérieur et plus modéré hériterait.
Thomas Portes, deputy, La France Insoumise (June 2026)L'objection de la filière porte sur la proportionnalité, pas sur le principe
La réponse met en avant le temps passé dans les eaux françaises et les heures moteur plutôt que de contester le calcul des émissions, et concède ainsi le terrain sur lequel une mesure plus étroite pourrait ensuite être bâtie.
SuperYacht24 (July 2026)Aucun propriétaire ne s'est exprimé publiquement
La rédaction n'a trouvé aucun propriétaire de 50 mètres ni aucun capitaine répondant publiquement à la proposition 2968. Les réactions au dossier viennent des organisations professionnelles et de la presse, pas de ceux qu'elle lierait.
Yotters desk
Les points forts et les points de vigilance
Points forts
- Les chances de passer sont réellement mincesUne proposition d'opposition d'origine parlementaire, en commission, sans date et sans appui du gouvernement. L'immense majorité de ces textes n'est jamais examinée, encore moins adoptée.
- Le seuil a au moins le mérite d'être lisibleCinquante mètres, un propriétaire les mesure lui-même, sans expertise, sans audit d'émissions et sans avocat. Ce n'est pas le cas de la plupart des critères environnementaux proposés.
- Le contre-argument économique est déjà constituéEUR 6,1 milliards et 100 000 emplois, avec le détail régional, sont exactement les chiffres qui ont déjà fait tomber en France des taxes de séjour et des règles de mouillage.
- Elle indique au propriétaire où va le débatL'intérêt du texte pour le lecteur tient au repère. Une restriction fondée sur la longueur est désormais écrite dans un parlement national et assortie d'un chiffre, ce qui est l'étape qui précède tout texte plus doux.
Points de vigilance
- Un seuil survit à la proposition qui l'a portéUne fois les 50 mètres posés sur le papier, le chiffre est disponible pour tout rédacteur suivant : un tarif d'amarrage, une taxe sur le carburant, une règle locale de mouillage. Les propositions meurent, les chiffres restent.
- La sanction est indexée sur l'actif, pas sur l'acteUn pourcentage de la valeur estimée signifie que le même acte coûte dix fois plus à un propriétaire de 90 mètres, et fait de l'estimation elle-même l'objet du contentieux.
- La Riviera ne se remplace pas facilementQui anticipe la perte des ports français perd Antibes, Cannes, Saint-Tropez et Villefranche d'un seul coup. L'Italie et l'Espagne absorbent les bateaux, pas le réseau de chantiers, d'équipages et d'avitaillement qui s'est construit autour d'eux.
- Nous n'avons pas lu le texteChaque détail du barème donné ici provient de la presse spécialisée, sur un document que la rédaction n'a pas pu obtenir en entier. La fourchette de 1 à 15 pour cent est rapportée, pas confirmée.
Informations pratiques
| Le texte | Proposition de loi numéro 2968, visant à interdire l'accès et l'usage des superyachts dans les eaux et ports français, XVIIe législature. |
|---|---|
| Déposée | Le 23 juin 2026 à l'Assemblée nationale. |
| Qui l'a déposée | Thomas Portes, avec des députés de La France Insoumise, groupe d'opposition. C'est une proposition d'origine parlementaire, sans soutien du gouvernement. |
| Où elle en est | Renvoyée à la Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire. Aucune date d'examen n'est fixée et aucune niche ne lui est attribuée. |
| Le seuil | Longueur hors tout de 50 mètres ou plus. Aucun critère de GT, d'émissions ou d'usage : la longueur seule. |
| Ce qui serait interdit | L'accès aux ports, l'amarrage et le mouillage dans les eaux territoriales françaises, avec une exception pour l'urgence en mer. |
| Le barème des sanctions | Une amende de 1 à 15 pour cent de la valeur estimée du navire, la confiscation de l'unité et une interdiction des eaux françaises de cinq à dix ans, selon SuperYacht24 et la presse spécialisée qui l'a reprise. |
| Ce que cette fourchette représente | Sur un yacht estimé à EUR 80 millions, l'amende va de EUR 800 000 à EUR 12 millions pour une seule entrée. La méthode d'estimation n'est décrite nulle part. |
| Ce que la filière met dans la balance | Des retombées du yachting de EUR 2,6 milliards en Provence-Alpes-Côte d'Azur et de EUR 6,1 milliards au niveau national, soutenant environ 100 000 emplois. |
| La réponse de la filière sur les émissions | Que la flotte reste moins de deux mois par an dans les eaux françaises et fait tourner ses moteurs principaux moins de deux heures et demie par jour en moyenne, ce qui rendrait une interdiction totale disproportionnée. |
| Ce qui n'est PAS publié | La rédaction n'a pas pu obtenir le texte article par article depuis la page du dossier de l'Assemblée, qui ne porte que le titre et le renvoi en commission. Le barème, la confiscation et l'interdiction de cinq à dix ans proviennent de la presse spécialisée, non d'un texte que nous avons lu. Aucune étude d'impact n'est publiée et personne ne décrit comment serait établie la valeur estimée servant au calcul de l'amende. |
| Ce qu'il faut faire maintenant | Rien sur le plan juridique. Ce qui sert, c'est de savoir ce que coûterait la ligne des 50 mètres si elle était reprise par une taxe, un tarif portuaire ou une règle d'attribution des places de port, car c'est là que ce genre de seuil finit généralement. |
Les questions auxquelles répond cet article
Que s'est-il passé ?
Une proposition de loi déposée à l'Assemblée nationale le 23 juin fermerait les ports, les places de port et les mouillages français à toute unité de plaisance de 50 mètres ou plus, avec des amendes atteignant 15 pour cent de la valeur estimée du yacht. Le texte est en commission, sans date d'examen, et ses auteurs siègent dans l'opposition : il a peu de chances de devenir loi. Le chiffre est ce qu'un propriétaire doit lire, car 50 mètres est une ligne qu'une grande partie de la flotte livrée a déjà franchie.
Quels sont les points forts ?
Les chances de passer sont réellement minces. Une proposition d'opposition d'origine parlementaire, en commission, sans date et sans appui du gouvernement. L'immense majorité de ces textes n'est jamais examinée, encore moins adoptée.
À quoi un propriétaire ou un acheteur doit-il prêter attention ?
Un seuil survit à la proposition qui l'a porté. Une fois les 50 mètres posés sur le papier, le chiffre est disponible pour tout rédacteur suivant : un tarif d'amarrage, une taxe sur le carburant, une règle locale de mouillage. Les propositions meurent, les chiffres restent.
Que rapportent les propriétaires et les équipages ?
Le texte est présenté en termes climatiques, les unités confisquées devant être réemployées pour des activités d'utilité collective supérieure. Ce cadrage pèse plus que la rédaction, car c'est lui qu'un texte ultérieur et plus modéré hériterait. (Thomas Portes, deputy, La France Insoumise (June 2026))
Qui a rapporté cette information ?
Assemblee nationale, SuperyachtNews, Maritime Journal, SuperYacht24, IBI News, Riviera Yachting Network.
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