25 juillet 2026 · Yotters, média indépendant du yachting
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Lloyd's Register : 40 % des équipages disent les règles ignorées

Lloyd's Register a demandé à ceux qui font tourner les grands yachts si les systèmes de sécurité couchés sur le papier tiennent en mer. Quatre sur dix répondent que les règles écrites ne sont pas suivies dans la pratique quotidienne, et la société de classification désigne les priorités des propriétaires et des sociétés de gestion comme une cause décisive. Pour qui achète ou affrète, la manière dont un bateau est réellement exploité compte désormais autant que les certificats de son dossier.
London, 18 juillet 20263 min de lectureYotters DeskÉdité par Leon Soliman

Une enquête que la flotte a menée sur elle-même

Le 5 mars 2026, Lloyd's Register a publié son rapport 2026 Yacht Safety Culture and Wellbeing, réalisé avec SuperyachtNews. Il s'appuie sur des équipages et des personnels à terre travaillant sur des yachts de plus de 24 mètres, environ 79 pour cent des réponses provenant d'unités de 500 GT ou plus, si bien que le tableau dressé concerne surtout la grande flotte. Le chiffre principal est inconfortable. Environ 40 pour cent des répondants déclarent que les règles écrites ne sont pas suivies dans la réalité quotidienne de l'exploitation du bateau, les systèmes de permis de travail étant particulièrement pointés.

Le rapport note la culture de sécurité sur un ensemble de domaines. Le leadership ressort à 71,7 pour cent d'opinions positives, ce que LR lit comme une marge de progrès plutôt que comme une crise. Le bien-être, l'apprentissage et l'engagement passent tous sous la barre des 70 pour cent que la société retient comme seuil d'action, à 68,9, 67,7 et 62 pour cent. Les processus et les procédures, ainsi que la communication, sont jugés relativement solides, et c'est là que le rapport revient sans cesse. Les procédures existent. L'écart tient à leur survie au contact d'une saison chargée.

D'où vient la pression

Le rapport est direct sur l'origine de cet écart. Les priorités des propriétaires et des sociétés de gestion, ainsi que le comportement des capitaines et de l'encadrement, sont désignés comme le facteur décisif. Là où les plannings, l'expérience des invités et les exigences commerciales sont poussés le plus loin, les checklists et les réunions sécurité perdent de leur force. La fatigue traverse l'ensemble des résultats. Les horaires longs, le recours massif aux heures supplémentaires et un temps de récupération trop court reviennent constamment, et les mécaniciens et les officiers supérieurs enregistrent les scores de bien-être les plus bas de tous les groupes.

Le second thème est le silence. La confiance dans la possibilité de parler sans conséquence est faible, l'engagement est plus fragile sur les yachts de moins de 500 GT et parmi les équipages en poste depuis longtemps, et le rapport signale un creux dans la tranche de six à dix ans d'ancienneté, là où les carrières sont souvent réévaluées. L'inquiétude concrète pour un propriétaire est évidente. Celui qui a le plus de chances de repérer une avarie naissante est souvent celui qui hésite le plus à la signaler. Les auteurs estiment que ces résultats plaident pour un encadrement plus solide, une meilleure gestion de la fatigue et une culture du signalement qui détecte les problèmes tôt.

Le cahier des charges du propriétaire inclut désormais la culture

Il s'agit d'un point de référence, pas d'une règle assortie d'une échéance, et personne n'est tenu d'y donner suite. Le rapport arrive toutefois au moment où les assureurs, les Etats du pavillon et les acheteurs regardent au-delà du dossier de certificats pour s'intéresser à la manière dont un bateau est réellement exploité. La culture de sécurité d'une société de gestion devient un point de diligence lors d'un achat ou d'une réservation de charter, au même titre que le statut de classe et l'historique d'entretien. Stephanie McLay, qui dirige les travaux sur les facteurs humains chez Lloyd's Register, décrit l'équipage comme le premier actif du secteur et son bien-être, selon ses mots, comme "l'intervention de sécurité la plus puissante que nous puissions mener".

Pour un acheteur ou un client de charter, le rapport transforme un sujet flou en questions à réponses concrètes. Un futur propriétaire peut demander l'historique des presqu'accidents et des déclarations d'incident du bateau, ainsi que la manière dont les heures et la rotation d'équipage sont gérées pendant les mois de pointe. Savoir si les enseignements d'un incident atteignent vraiment le reste d'une flotte en gestion est aussi une question légitime. Les certificats confirment que le bateau a été construit et équipé selon la norme. Ce que l'enquête mesure, c'est si cette norme tient quand la saison bat son plein.

Reportage de première main: Lloyd's Register, SuperyachtNews, Marine Industry News, The Triton.
Yotters DeskRédacteur en chef: Leon SolimanCharte éditoriale

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