25 juillet 2026 · Yotters, média indépendant du yachting
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Un dossier de grue absent se paie à la revente

Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle règle SOLAS traite les grues de pont, les bossoirs de tender et les grues de magasin d'un yacht comme les navires traitent depuis longtemps leurs engins de manutention, et le propriétaire le ressent à l'expertise et à la vente. Les appareils doivent désormais être éprouvés en charge, marqués d'une charge maximale d'utilisation et couverts par des certificats. Un yacht incapable de produire un registre des appareils de levage se lit comme une déficience à la prochaine visite de renouvellement et perd du terrain à la table de négociation.
London, 18 juillet 20263 min de lectureYotters DeskÉdité par Leon Soliman

Ce qui a changé, et pourquoi cela touche votre bateau

La règle 3-13 du chapitre II-1 de la SOLAS est entrée en vigueur le 1er janvier 2026, étendant aux appareils de levage du bord un régime de visites longtemps réservé aux engins de manutention de cargaison. Le périmètre confirmé couvre les grues de pont, les grues de machine et de magasin, les grues de manutention de tuyaux, les appareils servant à lever ou déplacer du personnel, et les bossoirs qui mettent à l'eau tenders, workboats et embarcations de sauvetage. Les engins de mise à l'eau dédiés aux engins de sauvetage relevant du LSA Code sont traités à part et en sortent, tout comme les équipements mobiles et non permanents. Les lignes directrices figurent dans la circulaire IMO MSC.1/Circ.1663 et, si les administrations de pavillon décident du traitement des appareils dont la charge est inférieure à 1 000 kg, certaines dispositions s'appliquent quelle que soit la charge maximale d'utilisation.

Pour la flotte des grands yachts, qui porte sa certification SOLAS via le REG Yacht Code et la classification, cela atteint des équipements dont un yacht de plus de 40 mètres se sert tous les jours. La grue qui débarque un tender limousine du pont avant, le bossoir de l'embarcation de sauvetage, la grue d'avitaillement du pont arrière, tout cela relevait autrefois d'une zone grise faite de notices constructeur et de contrôles volontaires. Depuis cette année, cela entre dans la visite statutaire, jugé sur une norme écrite plutôt que sur une appréciation du jour.

Ce que la prochaine visite ne laissera plus passer

Pour les appareils déjà à bord avant le 1er janvier, la conformité est exigée au plus tard à la première visite de renouvellement tombant à cette date ou après. Chaque appareil doit être éprouvé en charge, examiné de façon approfondie par une personne compétente, marqué de manière permanente de sa charge maximale d'utilisation et inscrit dans un Register of Ship's Lifting Appliances, accompagné des Certificates of Test and Thorough Examination. Tout ce qui est installé neuf à partir du 1er janvier doit être approuvé en conception et éprouvé après montage avant sa première utilisation. DNV et Bureau Veritas décrivent le même socle d'obligations.

L'effet pratique est qu'une visite de renouvellement en 2026 ne peut plus valider une grue parce qu'elle fonctionne le jour même. Pas de marquage de charge maximale d'utilisation, pas de certificat et pas d'inscription au registre comptent chacun comme une déficience, et une déficience peut se transformer en immobilisation ou en question de l'assureur, ce qui dans les deux cas sort le bateau de son programme. Un propriétaire dont la visite tombe cette année a tout intérêt à constituer le registre et à réserver les épreuves en charge avant l'arrivée de l'expert.

Pourquoi un acheteur réclamera le registre

La règle ajoute aussi un élément concret et vérifiable à la due diligence d'avant achat : un registre des appareils de levage à jour et des certificats d'épreuve valides pour chaque grue et chaque bossoir du bord. Un yacht construit ou refité pour la dernière fois sans cette documentation doit désormais passer par des épreuves en charge et un nouveau marquage pour combler l'écart, et ces travaux se disputent les mêmes places rares de chantier de refit et les mêmes créneaux d'expertise dont le marché manque déjà.

Pour un acheteur, un dossier de levage mince ou absent devient un poste chiffré, au même titre qu'une expertise à échéance ou qu'un certificat de classe proche de l'expiration : un levier utile et un coût à budgéter. Pour un propriétaire, la voie la moins chère est de faire de 2026 l'année où chaque grue et chaque bossoir est éprouvé et documenté, pour que le bateau se présente net à la vente et que la prochaine visite soit une formalité plutôt qu'une course.

Reportage de première main: DNV, Bureau Veritas, Lloyd's Register, IMO (SOLAS II-1/3-13, MSC.1/Circ.1663).
Yotters DeskRédacteur en chef: Leon SolimanCharte éditoriale

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