Le 100 Eco de Sunreef, catamaran solaire 770 kWh, arrive à Monaco

Que présente exactement Sunreef à Monaco ?
Sunreef Yachts présentera le 100 Eco, un catamaran à voile de 29,26 mètres à propulsion électrique et à coque à cellules solaires exclusives, au Monaco Yacht Show du 23 au 26 septembre 2026. C'est, selon Boat International, le premier catamaran à voile grandeur nature du chantier construit autour d'une chaîne de propulsion tout électrique plutôt que diesel. La coque présentée, baptisée Ipharra II, a été vendue lors du Fort Lauderdale International Boat Show 2022, la construction ayant démarré début 2023 au chantier Sunreef de Gdansk. Elle a été mise à l'eau discrètement le 26 juin 2026 pour des essais en mer avant sa présentation publique, selon Sunreef Yachts et Megayacht News. La largeur est de 12,83 mètres, ce qui donne à la plateforme le volume nécessaire pour loger la batterie et un intérieur complet digne d'un armateur.
Cette première compte parce qu'elle prolonge une gamme que Sunreef construit depuis le lancement de ses premiers Eco vers 2019, faisant passer le concept des catamarans Eco de 60 et 80 pieds déjà livrés à un véritable vaisseau amiral de 100 pieds. Sunreef positionne le bateau autour de ce qu'il appelle la croisière longue distance responsable, visant précisément les armateurs qui veulent une vitrine à Monaco sans générateur audible à quai. Cet argument colle à une réelle évolution réglementaire en Méditerranée, où de plus en plus de marinas et d'autorités portuaires durcissent les règles sur les générateurs au ralenti, le bruit et les émissions locales à quai. Un catamaran silencieux et chargé à l'énergie solaire répond à une règle qui commence à coûter aux armateurs des places de port dans ces ports.

Comment fonctionne réellement le système de propulsion et d'énergie
Le 100 Eco associe deux moteurs électriques de 360 kW à une batterie lithium de 770 kWh, épaulée par des générateurs de bord pour les moments où la voile, le soleil et la batterie ne suffisent pas, selon Megayacht News et Yachting World. Il porte 515 mètres carrés de voilure au près, ce qui en fait un catamaran à voile à assistance électrique plutôt qu'un motoryacht avec finition solaire. Sunreef décrit cette combinaison comme offrant une autonomie potentiellement illimitée sous voile et avec l'assistance solaire. Ni Boat International ni Yachting World, les deux titres qui ont eu le regard technique le plus poussé sur ce bateau, n'ont publié de vitesse de pointe vérifiée de manière indépendante ni d'autonomie en tout électrique exprimée en milles nautiques. C'est une vraie lacune pour un acheteur qui cherche à comparer ce bateau sur le papier à un catamaran diesel classique.
Les propres essayeurs de Yachting World ont été francs sur la limite pratique : la plupart des armateurs, notent-ils, voudront quand même des vitesses qui obligent à démarrer les générateurs, ce qui restreint la fréquence à laquelle l'argument zéro carbone s'applique vraiment. En pratique, cela signifie que le système électrique et solaire est le plus efficace pour la vie au mouillage, les arrivées et départs de port et les traversées par vent léger, et le moins efficace dès qu'un armateur veut couvrir de la distance rapidement. Pour un acheteur fortuné habitué à la vitesse de croisière à la demande d'un monocoque diesel, c'est un véritable compromis, pas un simple détail, et il vaut la peine d'exiger de Sunreef des chiffres précis avant de signer plutôt que d'accepter telle quelle l'idée d'autonomie illimitée.

Ce qui distingue la peau solaire des panneaux d'un yacht classique
Les cellules solaires de Sunreef sont laminées directement dans les flancs de coque, la superstructure et le bimini fixe, plutôt que boulonnées sous forme de panneaux séparés, pour une surface d'environ 242,5 mètres carrés et une puissance allant jusqu'à 46 kWc, selon la fiche technique de Multihulls World. Les cellules font moins d'un millimètre d'épaisseur et pèsent environ 1,8 kg par mètre carré, contre 8 à 15 kg par mètre carré pour des panneaux solaires marins rigides classiques, selon YACHT Magazine dans sa couverture du programme Solar Skin de Sunreef. Sunreef annonce un rendement des cellules de 24,8 %, qu'il dit comparable aux meilleurs panneaux solaires résidentiels du marché et supérieur de 25 à 30 % à celui des cellules marines classiques. Les panneaux sont également conçus pour une stabilité thermique au-delà de 100 degrés Celsius et résistent à plus de 20 000 cycles de charge, ce qui répond aux contraintes de chaleur et de flexion qu'un panneau intégré à la coque doit supporter et qu'un panneau de toit ne connaît jamais.
L'élément le plus intéressant pour un armateur est la couche logicielle : Sunreef utilise des algorithmes pilotés par IA pour ajuster la production électrique en temps réel à mesure que les voiles et le gréement projettent des ombres changeantes sur la coque et le bimini, selon la couverture de YACHT Magazine sur la technologie Solar Skin. Cela résout un problème qu'un ensemble de panneaux boulonnés sur le hardtop d'un monocoque n'a tout simplement pas à gérer, puisqu'une batterie de panneaux rigides a besoin d'une exposition dégagée et fixe pour fonctionner efficacement. Intégrer les cellules à la structure signifie aussi aucune prise au vent supplémentaire, aucun ensemble de panneaux visible venant briser les lignes du yacht, et aucun poids parasite posé sur le bateau comme le serait un montage rapporté. Pour un catamaran à voile qui doit déjà gérer un gréement complet, cette intégration structurelle est un argument technique plus solide que la promesse marketing d'autonomie illimitée, et c'est là que Sunreef se distingue vraiment d'un panneau solaire installé sur un superyacht classique.

Qui achète la première coque, et quels choix a-t-il faits
Le premier 100 Eco, la coque Ipharra II, a été commandé par un armateur déjà client de Sunreef, convaincu par la technologie de peau solaire avant même de signer le contrat, selon Sunreef Yachts et Boat International. C'est un signal plus fort qu'un premier acheteur faisant un pari sur une technologie non éprouvée, puisque cet armateur avait vraisemblablement déjà vécu avec une précédente installation solaire ou Eco de Sunreef. L'aménagement de cette coque comprend un salon principal pleine largeur, une suite armateur à l'avant et un Ocean Lounge arrière avec un garage dissimulé pour deux jet-skis, ainsi qu'un spa, une salle de sport, un bar et un bureau, pour un total de 12 invités dans cette configuration. C'est un nombre d'invités nettement supérieur à l'aménagement standard du 100 Eco tel que décrit en brochure, que Yachting World présente comme une cabine maîtresse à l'avant plus quatre autres cabines doubles pour 8 invités et 5 membres d'équipage, ce qui illustre à quel point Sunreef personnalise la plateforme pour un client fidèle.
Un choix précis illustre bien qu'il s'agit d'une construction véritablement sur mesure et non d'un bateau de catalogue simplement repeint : l'armateur a refusé le bain à remous de flybridge optionnel que Sunreef propose sur ce modèle, selon Boat International dans sa couverture du lancement. De la commande au lancement, le calendrier s'est étalé du salon de Fort Lauderdale 2022 à une mise à l'eau en juin 2026, soit environ trois ans et demi, une donnée utile pour tout armateur qui chiffre aujourd'hui une commande Eco sur mesure plutôt qu'un créneau de livraison de catalogue. Sunreef n'a divulgué aucun prix pour cette coque ni pour le 100 Eco en général ; les brokers évoquent la plateforme Sunreef 100 conventionnelle, hors Eco, à partir d'environ 12 millions d'euros, mais ce chiffre ne dit rien de ce qu'ajoutent la batterie et le pack peau solaire.


Ce que les plus petits Eco de Sunreef nous apprennent sur le véritable bilan
Les propriétaires des plus petits catamarans Eco de Sunreef rapportent que le concept fonctionne bien au mouillage et par vent léger, mais aucun n'a démontré une véritable traversée océanique sans diesel. L'essai en mer du 80 Eco mené par Multihulls World en 2022 s'est déroulé par 5 à 10 noeuds de vent et mer calme, testant la propulsion électrique et le système de gestion d'énergie du chantier plutôt qu'une véritable navigation hauturière ; ce bateau porte environ 200 mètres carrés de solaire pour une puissance d'environ 40 kW. Les annonces des brokers pour le 60 Eco indiquent une capacité de batterie rapportée de façon incohérente selon les coques et les années, entre environ 250 kWh et 375 kWh selon les sources, avec une vitesse de croisière autour de 7 noeuds et un maximum proche de 11 noeuds, les générateurs diesel auxiliaires assurant un travail réel de recharge de la batterie sur les longues étapes. Cette récurrence sur deux modèles Eco plus petits suggère que la gamme est, dans les faits, un véritable hybride, s'appuyant sur le diesel dès que le vent et le soleil ne coopèrent pas, plutôt qu'un vrai passagemaker tout électrique.
Cet historique constitue le contexte honnête de la première du 100 Eco à Monaco : la technologie de peau solaire est une ingénierie réelle et documentée de manière indépendante, et la commande d'un client fidèle est un véritable vote de confiance, mais le discours d'autonomie illimitée décrit un scénario de navigation optimal plutôt qu'une capacité de croisière garantie. Le marché de la revente pour cette proposition spécifique existe à peine, trop peu de coques de la gamme Eco ayant changé de mains pour établir une courbe de prix, à la différence du catamaran à moteur Sunreef 100 conventionnel, pour lequel les données des brokers sur les bateaux d'occasion sont désormais assez fournies. En ajoutant une prime de prix non divulguée pour la batterie et le pack solaire, ainsi que le bassin d'acheteurs plus restreint auquel fait face tout grand catamaran à voile face aux superyachts monocoques de longueur comparable, un armateur devrait considérer ce bateau comme véritablement singulier, acheté pour le statut, la conformité en marina et le silence au mouillage, mais pas encore comme un croiseur océanique sans diesel à l'efficacité prouvée.
Ce que rapportent propriétaires et équipages
Le propriétaire de la première coque croyait déjà à la peau solaire
Sunreef et Boat International rapportent tous deux que l'acheteur était un armateur déjà client de Sunreef, convaincu par la technologie de peau solaire avant de commander ce bateau
Sunreef Yachts / Boat InternationalL'armateur a supprimé le bain à remous de flybridge optionnel
la configuration d'Ipharra II supprime le jacuzzi de flybridge optionnel de Sunreef, un choix de personnalisation concret rapporté pour cette coque précise
Boat InternationalL'essai en mer du 80 Eco n'a couvert que des conditions calmes et de vent léger
l'essai en mer de 2022 du plus petit 80 Eco s'est déroulé par 5 à 10 noeuds de vent et mer calme, démontrant le système électrique et solaire sans tester de véritables conditions hauturières
Multihulls WorldDes essayeurs indépendants jugent théorique l'argument d'autonomie illimitée
l'article de Yachting World sur le 100 Eco affirme clairement que la plupart des armateurs voudront quand même des vitesses qui nécessitent les générateurs, ce qui affaiblit le discours de traversée zéro carbone
Yachting World
Les points forts et les points de vigilance
Points forts
- Une technologie solaire véritablement exclusivedes cellules laminées à environ 1,8 kg par mètre carré contre 8 à 15 kg pour des panneaux boulonnés, un rendement de 24,8 %, et une compensation d'ombrage par IA en temps réel pour les voiles et le gréement constituent une avancée technique documentée, pas un simple argument marketing
- Validation par un client fidèlela première coque a été commandée par un armateur déjà client de Sunreef, déjà convaincu par le concept de peau solaire avant de signer, un signal plus fort qu'un pari de premier acheteur
- Pertinence pour les marinas et les places de portune navigation silencieuse et à faibles émissions locales au mouillage et au port correspond à une tendance réglementaire méditerranéenne de plus en plus stricte sur le bruit et les émissions des générateurs à quai
Points de vigilance
- L'autonomie et la vitesse en tout électrique ne sont pas publiéesni Sunreef ni les titres qui ont testé le bateau n'ont avancé de chiffre vérifié en milles nautiques ou en noeuds pour la navigation tout électrique, ce qui rend la comparaison directe avec un catamaran diesel impossible sur le papier
- L'autonomie illimitée est un argument de voile, pas de moteurles propres essayeurs de Yachting World notent que la plupart des armateurs voudront quand même des vitesses qui obligent à démarrer les générateurs, si bien que l'argument zéro carbone couvre surtout l'usage au mouillage et par vent léger
- Le marché de la revente reste, dans les faits, non éprouvétrop peu de coques de la gamme Eco ont changé de mains pour établir une courbe de prix, à la différence du catamaran à moteur Sunreef 100 conventionnel, pour lequel les données d'occasion des brokers sont désormais assez fournies
- Prime de prix non divulguéeSunreef n'a pas publié ce que la batterie et le pack peau solaire ajoutent par rapport à une coque standard, si bien que les acheteurs négocient la prime écologique sans référence publique
- Posséder un catamaran est une proposition différente d'un monocoqueles places de port, les comparables de revente et le bassin d'acheteurs pour les grands catamarans à voile restent plus restreints et plus spécialisés que pour des superyachts monocoques de longueur comparable
Informations pratiques
| Longueur hors tout / largeur | 29,26 m (96 pieds) / 12,83 m (42 pieds) ; une fiche technique arrondit la longueur à 28,65 m |
|---|---|
| Propulsion | 2 moteurs électriques de 360 kW, plus des générateurs de bord en secours et pour les vitesses plus élevées |
| Batterie | banque lithium de 770 kWh |
| Champ solaire | environ 242,5 m2 laminés dans la coque, la superstructure et le bimini, pour une puissance allant jusqu'à 46 kWc |
| Surface de voilure | 515 m2 au près |
| Capacité d'accueil | 8 invités / 5 membres d'équipage en configuration standard ; la première coque (Ipharra II) aménagée pour 12 invités |
| Autonomie/vitesse en tout électrique | non publiées par Sunreef et non vérifiées de manière indépendante par les titres qui ont testé le bateau |
| Prix | non divulgué pour le 100 Eco ; les brokers évoquent la plateforme Sunreef 100 non-Eco à partir d'environ 12 millions d'euros, une référence sans rapport direct |
| Calendrier de livraison | vendu au FLIBS 2022, construction démarrée début 2023, mise à l'eau le 26 juin 2026, première mondiale au Monaco Yacht Show du 23 au 26 septembre 2026 |
| Comment commander | directement auprès de Sunreef Yachts ; aucune offre de charter confirmée trouvée pour cette coque |
Les questions auxquelles répond cet article
Que s'est-il passé ?
Sunreef dévoilera le 100 Eco, un catamaran à voile de 29 mètres construit autour d'une batterie de 770 kWh et de cellules solaires laminées directement dans la coque, au Monaco Yacht Show en septembre 2026. La commande émane d'un armateur déjà fidèle à Sunreef, convaincu par la technologie de peau solaire du chantier avant même de signer pour ce nouveau bateau. Pour un armateur qui envisage de passer à la croisière électrique-hybride, l'essentiel tient à ce que Sunreef ne publie toujours pas : l'autonomie exacte en tout électrique, la vitesse de pointe, et le prix de la conversion verte.
Quels sont les points forts ?
Une technologie solaire véritablement exclusive. des cellules laminées à environ 1,8 kg par mètre carré contre 8 à 15 kg pour des panneaux boulonnés, un rendement de 24,8 %, et une compensation d'ombrage par IA en temps réel pour les voiles et le gréement constituent une avancée technique documentée, pas un simple argument marketing
À quoi un propriétaire ou un acheteur doit-il prêter attention ?
L'autonomie et la vitesse en tout électrique ne sont pas publiées. ni Sunreef ni les titres qui ont testé le bateau n'ont avancé de chiffre vérifié en milles nautiques ou en noeuds pour la navigation tout électrique, ce qui rend la comparaison directe avec un catamaran diesel impossible sur le papier
Que rapportent les propriétaires et les équipages ?
Sunreef et Boat International rapportent tous deux que l'acheteur était un armateur déjà client de Sunreef, convaincu par la technologie de peau solaire avant de commander ce bateau (Sunreef Yachts / Boat International)
Qui a rapporté cette information ?
Boat International, Yachting World, Megayacht News, Multihulls World, YACHT Magazine, Sunreef Yachts.
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