Pampelonne redécoupée : votre mouillage au large de Saint-Tropez a changé de place

L'arrêté
L'arrêté préfectoral 177/2026 a été signé à Toulon le 3 juin 2026 par le préfet maritime de la Méditerranée et est entré en vigueur le 24 juin. Il réorganise le mouillage et l'amarrage dans la baie de Pampelonne, cette portion de côte qui porte les plages privées au sud de Saint-Tropez et l'une des plus fortes concentrations de grands yachts de toute la Méditerranée au mois d'août.
Le changement principal est un reclassement. La zone de mouillage ouest, jusqu'ici réservée aux navires de 45 à 80 mètres, devient une zone de 24 à 45 mètres, et elle a été intégrée à la ZMEL, la zone de mouillages et d'équipements légers. Il s'agit d'un champ balisé d'environ 210 mouillages, désormais placé sous l'autorité de la police municipale de Ramatuelle.
Ce que cela donne par taille
Les navires de moins de 24 mètres sont exclus des zones de mouillages sur bouées. Les yachts de 24 à 45 mètres sont admis dans des zones sableuses désignées. Les yachts de 45 à 80 mètres ont été déplacés vers la zone est. Les yachts de 80 mètres et plus mouillent désormais séparément de la tranche des 45 à 80 mètres, avec des limites précisées entre le cap Pinet et la pointe de la Bonne Terrasse.
Les secteurs de mouillage à l'intérieur de la ZMEL ont eux aussi été ajustés quant à la position des bouées, au nombre de places disponibles et à la longueur maximale de navire que chaque secteur accepte. Le propriétaire dont le commandant mouille au même endroit depuis cinq saisons doit partir du principe que cet endroit a changé de main. Le mouillage sur les herbiers de posidonie reste interdit à toute longueur.
Les cartes sont en retard
L'arrêté est en vigueur et les cartes marines n'ont pas été mises à jour pour en tenir compte. Cet écart compte davantage qu'il n'y paraît. Une équipe de passerelle qui travaille sur une carte électronique affichant les anciennes limites placera le yacht correctement selon l'écran et incorrectement selon le droit.
La consigne pratique est que c'est l'arrêté, et non la carte, qui fait référence dans cette baie cet été. Quiconque prévoit une escale à Pampelonne doit avoir à bord le texte en vigueur et le plan des secteurs de la ZMEL à jour, et doit confirmer auprès de l'autorité locale où un yacht de sa longueur est désormais attendu.
Le tableau d'ensemble de la répression
Un rapport publié le 9 juillet 2026 par Swiss Ocean Tech, qui fabrique des équipements de surveillance du dérapage de l'ancre, a passé en revue les règles de mouillage en France, en Espagne, en Croatie, en Italie, en Grèce, en Turquie, à Malte, à Chypre et à Monaco. Il conclut que la France applique le cadre le plus détaillé de la région, avec des seuils de taille répartis sur la plage des 20 à 80 mètres, et que Malte et Chypre n'ont aucune règle nationale unique.
Il expose aussi les sanctions françaises. Au titre de l'article L5242-2 du code des transports, les infractions aux règles maritimes peuvent aller jusqu'à un an d'emprisonnement et EUR 150 000 d'amende, et les atteintes aux espèces ou aux habitats protégés jusqu'à trois ans et EUR 150 000, avec des peines supplémentaires possibles à l'intérieur des zones de parc national et une réparation distincte du préjudice écologique. Le rapport cite des travaux du WWF qui dénombrent plus de 179 000 navires au-dessus des herbiers de Méditerranée en 2024.
Ce qu'un propriétaire doit en retenir
La France n'est pas le seul pays à serrer la vis. Le rapport de Swiss Ocean Tech relève que l'Espagne a pris le décret royal 191/2026 pour protéger les herbiers, tandis que la Croatie, l'Italie, la Grèce et la Turquie encadrent le mouillage principalement par les autorités locales, ce qui est plus difficile à documenter et plus facile à enfreindre.
Pour une semaine tropézienne en août, la marche à suivre est assez simple. Etablir dans quelle zone la longueur du yacht le place au titre du nouvel arrêté, réserver ou confirmer le mouillage s'il relève désormais de la ZMEL, et donner au commandant l'autorité écrite de se déplacer si la position attribuée se trouve au-dessus de la posidonie. L'amende est mise à la charge du navire, et la demande de réparation écologique suit le propriétaire.