Le premier full custom d'Antonini Navi : 33,5 m, 4 300 milles, 39,2 dB au mouillage

Le premier full custom sorti de La Spezia
La livraison, annoncée le 30 juillet, est le premier superyacht full custom achevé par Antonini Navi, et le tout premier yacht sorti de son site de La Spezia. La mise à l'eau a eu lieu en mars, deux ans après le début de la construction, lors d'une cérémonie privée en présence du propriétaire, un marin italien expérimenté qui avait affrété avant de faire construire. Hydro Tec a dessiné les lignes extérieures et assuré l'architecture navale, Hot Lab a signé les intérieurs. La plate-forme en acier et aluminium qui la porte a été développée en interne, et c'est précisément elle que le chantier compte revendre.
Antonini Navi est connu pour le commercial et le refit plus que pour la plaisance, et Matilde 7 est la démonstration qu'il peut faire les deux. Aldo Manna, cofondateur et directeur commercial, lit le projet comme la preuve que le chantier sait interpréter et construire une unité de ce calibre. Simone Antonini, fondateur et directeur général, y a vu l'aboutissement d'un parcours. Sous l'émotion se tient le point commercial : un chantier qui a livré un full custom entre dans la sélection pour le suivant, et jusqu'à ce mois-ci il n'y entrait pas.
Les chiffres que la plupart des chantiers gardent pour eux
Les essais en mer précédant la livraison ont relevé 39,2 dB(A) dans la suite du propriétaire, au mouillage et tous les systèmes en fonctionnement. La vibration dans le salon principal, le local voisin de la salle des machines, a été mesurée à 0,32 mm/s. Ce sont deux mesures qui restent d'ordinaire à l'intérieur du contrat de construction et n'atteignent jamais un communiqué. Les publier invite à la comparaison, et c'est exactement ce que devrait vouloir un chantier avec une seule livraison full custom derrière lui.
Le confort au mouillage est l'état dans lequel les propriétaires passent l'essentiel de leurs heures à bord, et c'est la qualité la plus difficile à juger sur un plan. Qui détient ces chiffres peut poser la même question à tous les autres chantiers de sa liste et voir lequel répond par une mesure plutôt que par un adjectif. Cela pèse aussi sur la négociation du contrat, car un chiffre publié est un chiffre que le chantier devra tenir à la livraison. Sur la première coque d'un constructeur sans long passé en plaisance, cela sert le carnet de commandes plus qu'une image de synthèse de plus.
4 300 milles à dix nœuds
Les mêmes essais ont rendu une autonomie de plus de 4 300 milles nautiques à une allure de croisière de 10 nœuds, pour une vitesse maximale de 14 nœuds. C'est une vraie capacité océanique sur une coque à déplacement de 33,5 m, de quoi traverser l'Atlantique avec de la marge. L'acier apporte l'autonomie, le poids maintient les vitesses modestes. Qui veut 25 nœuds n'est pas l'acheteur de ce bateau, et le chantier n'a jamais prétendu le contraire.
Le chantier positionne Matilde 7 comme son entrée dans le segment des yachts custom en acier sous 500 GT, et ce plafond travaille pour le propriétaire. Sous 500 GT, le régime d'équipage et de visites reste plus léger pendant toute la vie du bateau, ce qui explique pourquoi tant de travail de conception à cette longueur part dans du volume qui ne compte pas. Faire tenir sous cette limite, à 33,5 m, un bateau qui traverse les océans est un problème d'ingénierie plus étroit que le profil ne le laisse croire.
150 mètres carrés que l'on peut fermer
Le pont principal porte 150 mètres carrés de surface à l'air libre, dont une bonne part se ferme derrière de grands panneaux de verre coulissants. Le pont supérieur en ajoute 160 autres, dont environ 50 ombragés par le hard top. Les lignes extérieures empruntent ouvertement aux remorqueurs, aux bateaux de pêche et aux bâtiments militaires, et se résolvent en une étrave verticale, des vitrages de passerelle inclinés vers l'avant et des ailerons de passerelle qui débordent franchement de la coque. Le chantier appelle cela un crossover, ce qui signifie ici des capacités d'explorer sans l'austérité de l'explorer.
Le pont modulable est la partie qu'un propriétaire tourné vers le charter devrait lire deux fois. Une surface qui fonctionne en août sur la Riviera et aussi dans un octobre adriatique humide étire la saison utile aux deux bouts, et c'est la différence entre un bateau utilisé dix semaines par an et un bateau utilisé vingt. À l'intérieur, Hot Lab a travaillé des textures nervurées, des verres vieillis et des panneaux laqués en teintes pastel, tenus ensemble par le teck.
Ce qu'il y a derrière elle
Matilde 7 n'est pas une coque isolée dans les plans du chantier. Le Hanaa de 31,2 m, autre dessin Hydro Tec avec intérieurs Hot Lab, est proche de la mise à l'eau : 300 GT, dix invités et 4 000 milles d'autonomie. Le SUY 135 de 44 m, dessiné par Fulvio de Simoni avec l'architecture navale d'Arrabito Naval Architects, est en construction à 462 GT pour dix invités, avec un pont arrière sur deux niveaux et deux bains à remous. Le prix demandé est de EUR 25 000 000.
Un yacht en acier de 40 m est en outre entré en construction en spéculation, pour une livraison en 2028, et c'est le signal le plus clair de toute l'annonce. Un chantier qui engage ses propres capitaux dans une coque avant d'avoir un acheteur s'attend à ce que le segment tienne sa valeur. Pour un propriétaire qui choisit dans un champ encombré de constructeurs de 30 à 45 mètres, la question utile est de savoir lequel construira encore en 2030. Une coque en spéculation y répond plus honnêtement qu'un carnet de commandes.