ISA ouvre une classe de 80 mètres, Amarcord 82 en tête

ISA place sa limite à 80 mètres
ISA Yachts, filiale de Palumbo Superyachts, a présenté l'ISA Large Yacht Collection, une plateforme de conception réservée aux yachts de 80 à 90 mètres, soit 262 à 295 pieds. La collection se situe au-dessus des gammes Gran Turismo 80, Gran Turismo 100 et ISA Custom du chantier et s'adresse aux propriétaires qui commandent des pièces uniques, pas aux acheteurs qui choisissent dans un catalogue de modèles. Giuseppe Palumbo, qui dirige Palumbo Superyachts en qualité d'amministratore unico, la présente comme l'étape suivante du groupe vers les grands tonnages. Le chantier appelé à construire ces coques se trouve à Ancône, sur la côte adriatique italienne.
L'entreprise décrit la collection comme une évolution du concept full custom : chaque projet se développe autour du propriétaire, mais repose sur une plateforme d'ingénierie déjà dessinée et éprouvée. La formule pèse plus lourd qu'il n'y paraît. Un chantier qui repart d'une feuille blanche pour chaque coque de 80 mètres fait entrer le risque d'ingénierie dans le contrat, et le propriétaire le paie en délai de livraison et en avenants. Une plateforme validée en amont déplace une partie de ce risque hors du côté du propriétaire.
Amarcord 82 ouvre la série
Le premier projet de la collection est Amarcord 82, un yacht de 82 mètres, 269 pieds, dessiné par Nuvolari Lenard. L'extérieur mise sur des proportions sportives, avec de larges surfaces vitrées et des ouvertures pratiquées dans la coque, qui poussent le volume intérieur vers l'eau plutôt que vers le haut dans les superstructures. Une plateforme pour hélicoptère occupe la plus grande partie de l'avant. La silhouette tient davantage du motoryacht italien rapide que de l'esthétique explorer à étrave verticale répandue dans la classe des 80 mètres.
Que Nuvolari Lenard signe le dessin fait partie de l'offre. Celui qui commande une coque de 82 mètres à un chantier qui n'en a encore livré aucune achète aussi les références de l'agence de design. L'agence a dessiné des yachts bien au-delà de 82 mètres pour d'autres constructeurs européens, ce qui donne à la collection une référence à cette taille qu'Ancône ne peut pas encore fournir depuis sa propre liste de livraisons.
C'est au ras de l'eau que l'argent est passé
Le pont principal arrière accueille une piscine à fond de verre, de sorte que la lumière du jour traverse jusqu'au beach club situé en dessous. C'est un choix structurel, pas un choix de style. Un fond de piscine vitré au-dessus d'un espace intérieur occupé doit porter la charge, drainer et rester étanche pendant que des personnes s'assoient dessous, et les chantiers le facturent. La contrepartie est un beach club éclairé par le haut, et non par les seules ouvertures latérales.
Le beach club lui-même s'élargit vers l'extérieur sur deux grands balcons rabattables. Avec la plateforme de bain, le pont le plus bas devient l'espace de vie principal au mouillage, là où un yacht de cette taille passe l'essentiel de sa vie utile. La disposition suit le mouvement du marché de la dernière décennie. Le volume au ras de l'eau se vend aujourd'hui mieux qu'un salon de plus un pont au-dessus.
Douze invités sur 82 mètres
L'aménagement porte 12 invités dans cinq cabines VIP, plus une suite propriétaire de plus de 100 mètres carrés, soit plus de 1 070 pieds carrés. Douze invités sur 82 mètres, c'est une densité faible pour la catégorie, et c'est un signal voulu. On ne propose pas au propriétaire un aménagement optimisé pour le charter, avec des cabines poussées à la limite de ce que les règles autorisent. Chaque cabine reçoit une surface inhabituelle et le pont propriétaire reste réellement privé.
Ce choix a des conséquences qu'un acheteur devrait chiffrer au moment du contrat. Un yacht configuré ainsi dépense son volume en suites plutôt qu'en cabines. Il rétrécit aussi le vivier de revente, car les acheteurs qui visent un revenu de charter veulent plus de couchages et décotent leur absence. Les propriétaires qui comptent garder un yacht pendant dix ans acceptent en général cet arbitrage. Ceux qui prévoient de revendre sous cinq ans devraient l'examiner de près avant de signer.
Ce qu'un acheteur doit vérifier à Ancône
La plus grande livraison d'ISA à ce jour est Sea Raider X, un Gran Turismo de 67 mètres remis en juillet et le plus grand yacht que le constructeur ait mis à l'eau en un quart de siècle. Passer de 67 à 82 mètres n'est pas un petit incrément. Cela change les exigences de classe, la complexité des systèmes, l'effectif d'équipage et l'ampleur des engagements que le chantier prend auprès de ses fournisseurs. Le segment au-dessus de 80 mètres est tenu depuis des années par Lurssen, Feadship, Oceanco et Amels, qui y ont livré chacun à plusieurs reprises.
Rien de tout cela ne rend la collection peu sérieuse, et Palumbo a passé plusieurs années à racheter de la capacité de chantier en Italie et en Méditerranée. Cela signifie en revanche que les questions posées à Ancône ne sont pas celles que l'on pose à un constructeur qui a dix livraisons de 80 mètres derrière lui. Un acheteur devrait établir quelles parties de la plateforme sont aujourd'hui étudiées et validées et lesquelles sont seulement programmées, qui supporte le coût si les exigences de classe changent en cours de construction, et comment l'engagement sur le créneau de chantier est rédigé noir sur blanc avant que le moindre acompte ne parte.