L'Italie veut certifier navigable votre day boat sous pavillon étranger

La règle
L'article 26-ter du Codice della Nautica da Diporto s'applique aux navires de plaisance de moins de 24 mètres battant pavillon étranger et détenus par un résident italien ou une personne morale italienne. Dès lors qu'un tel bateau navigue dans les eaux intérieures italiennes, les eaux territoriales ou la zone de protection écologique, il doit être en mesure de démontrer sa navigabilité. Le ministère des Infrastructures et des Transports a exposé sa lecture de l'article dans une circulaire datée du 18 juin 2026.
En pratique, le bateau doit détenir à bord un certificat de navigabilité en cours de validité délivré par son Etat de pavillon. Beaucoup de registres n'en délivrent aucun, et c'est là qu'intervient le second volet. Si l'Etat du pavillon ne produit pas un tel document, un organisme technique notifié italien doit inspecter le bateau et délivrer une attestation, valable cinq ans.
Qui est réellement visé
La plupart des grands yachts en sortent par la seule longueur. Les bateaux concernés sont ceux auxquels un propriétaire pense le moins, ce qui est précisément la raison de lire ce texte. Le day boat rapide gardé à Porto Cervo, le Riva ou le bateau de pêche sportive immatriculé au Delaware ou aux Cayman, le bateau d'accompagnement qui navigue séparément du bateau mère, le tender immatriculé en son nom propre et utilisé de façon indépendante.
Le déclencheur est le propriétaire, pas le bateau. Un propriétaire résident fiscal en Italie, ou qui détient le bateau par une société italienne, est visé même si la coque n'a jamais battu pavillon italien. Les propriétaires qui ont fait passer un bateau sous registre étranger précisément pour échapper à la paperasse italienne sont ceux qui risquent le plus de se retrouver du mauvais côté de l'article sans le savoir.
La question de droit européen
Dans SuperyachtNews, le 15 juillet 2026, le Prof. Dr Christoph Ph. Schliessmann a soutenu que cette exigence s'accorde mal avec les principes qui sous-tendent la directive européenne relative aux bateaux de plaisance, laquelle repose sur la reconnaissance mutuelle de la conformité à l'intérieur du marché unique. Sa formulation est que l'Italie peut vérifier si un yacht présent dans ses eaux présente un risque réel pour l'environnement ou la sécurité, et ne peut pas se servir de ce contrôle pour imposer un système italien de certification technique à des yachts régulièrement immatriculés sous un autre pavillon de l'Union.
C'est un argument, pas une décision de justice. Aucun tribunal n'a annulé l'article et aucune procédure d'infraction n'a été signalée. Un propriétaire qui prépare un été italien doit se conformer à la règle telle qu'elle est écrite pendant que l'argument se plaide, parce que c'est le bateau qui est en Italie, pas l'avocat.
Ce qu'il faut faire avant août
La première étape est une vérification de deux minutes auprès de celui qui détient les papiers du registre. L'Etat du pavillon délivre-t-il un certificat de navigabilité ou de tenue à la mer pour ce bateau, et est-il à jour. Pour la plupart des registres européens, la réponse existe au dossier. Pour plusieurs registres offshore utilisés par les petites unités, elle n'existe pas, et c'est ce cas-là qui appelle une inspection italienne réservée dès maintenant.
La deuxième étape consiste à savoir qui est le propriétaire inscrit. La détention par une entité italienne est courante lorsqu'un bateau a été acheté avec un financement local ou qu'il reste à l'année dans une marina italienne au travers d'une structure locale. Cette structure a été montée pour des raisons parfaitement étrangères à cet article, et c'est elle qui fait entrer le bateau dans le champ. Ni la circulaire ministérielle ni le code ne publient de barème de sanctions, et aucun chiffre n'a été rapporté, de sorte que le risque pratique est une inspection à quai et un bateau qui ne peut plus légalement bouger.