Polaris

- Longueur hors tout : 70,2 m
- Jauge brute : 1 542 GT
- Coque : coque acier, superstructure aluminium
- Classe glace : classe glace finno-suédoise avec deux systèmes de dégivrage
- Architecture navale : Arrabito Naval Architects
- Design : Enrico Gobbi, Team for Design (extérieur et intérieur)
- Propulsion : diesel-électrique avec propulseurs Kongsberg Azipull
- Autonomie et livraison : plus de 6 500 nm à 12 noeuds, livrée en 2021
La plus grande construction du chantier
Quand Polaris est sortie de Viareggio en 2021, elle était le plus grand yacht que Rossinavi ait jamais construit, et elle reste le vaisseau amiral de la flotte. À 70,2 mètres et 1 542 GT, elle a donné au chantier familial un authentique explorateur de plein format à opposer aux grands constructeurs d'Europe du Nord. Le projet a couru des années sous le nom de code King Shark avant d'être dévoilé, et elle a depuis été rebaptisée Polestar. Pour un chantier qui s'était fait un nom sur des croiseurs à déplacement et des bateaux rapides en aluminium, une unité de cette échelle et de cette vocation représentait un vrai palier.
Ce qui la distinguait, c'était le cahier des charges. Le propriétaire voulait un yacht capable d'atteindre la glace et les routes polaires, tout en restant à l'aise au large de Porto Cervo au mois d'août. Rossinavi devait donc marier une coque renforcée et cotée glace à la finition et à l'aménagement d'un superyacht d'eaux chaudes, une combinaison que peu de chantiers tentent à cette longueur. Y parvenir à Viareggio, loin des constructeurs d'eaux froides d'Europe du Nord, était en soi une déclaration d'intention.
La main retenue d'Enrico Gobbi
L'extérieur comme l'intérieur viennent d'Enrico Gobbi, de Team for Design, avec une architecture navale signée Arrabito. Gobbi a donné à Polaris un long profil résolu qui se lit comme un vrai bateau de mer, sans effet gratuit. La coque acier porte une superstructure aluminium, et le renfort glace est intégré à la structure plutôt que rapporté après coup. Presque chaque ligne du bateau est là pour servir la mer plutôt que la marina.
À l'intérieur, Gobbi s'est appuyé sur un vocabulaire art déco, avec mobilier sur mesure, lustres en cristal et une bonne dose d'ébénisterie spécifique. L'allure reste calme et peu brillante, en accord avec un yacht destiné à de longues traversées loin de tout chantier. De grands vitrages gardent l'intérieur relié aux paysages froids et spectaculaires que le bateau a été conçu pour atteindre. C'est un registre plus chaleureux et plus classique que le minimalisme froid de bien des explorateurs modernes, et il convient à une maison bâtie pour les lieux rudes.
Le vaisseau amiral qui a prouvé qu'un chantier familial de Viareggio pouvait construire un vrai explorateur polaire.
Un bateau fait pour être habité
Le pont du propriétaire est le coeur de l'aménagement. Il abrite une suite pleine largeur avec une chambre orientée vers l'avant qui regarde droit par-dessus l'étrave, un balcon privé, un dressing et deux salles de bains. Un salon dédié avec sa propre cave à vin se tient à côté, si bien que le groupe du propriétaire peut se retirer bien à l'écart des cabines invités. Tout le pont fonctionne comme un appartement privé, coupé des parties actives du yacht.
Le bien-être a reçu un vrai espace plutôt qu'une salle de sport symbolique. Polaris embarque un spa aux vitrages panoramiques, un hammam, une salle de massage et une salle de sport qui s'ouvre sur une terrasse. Rompant avec l'usage, la salle à manger protocolaire a été abandonnée au profit d'une salle de cinéma, un choix qui en dit long sur la façon dont le propriétaire comptait utiliser le bateau. Les propriétaires de yachts au long cours tendent à apprécier ces espaces calmes et réparateurs bien plus qu'un salon protocolaire de plus.
Cotée pour la glace, accordée pour l'autonomie
Polaris est construite selon une classe glace finno-suédoise, avec une coque renforcée et deux systèmes de dégivrage distincts. La puissance vient d'un ensemble diesel-électrique entraînant des propulseurs Kongsberg Azipull, avec des groupes électrogènes à vitesse variable qui permettent d'ajuster la consommation à la tâche du moment. Il en résulte un bateau capable de pousser à 18 noeuds au besoin tout en s'installant dans une longue croisière économique. Pour un chantier familial, maîtriser ce niveau d'intégration des systèmes comptait autant que le style.
C'est sur l'autonomie que le dessin paie, avec plus de 6 500 milles nautiques disponibles à 12 noeuds réguliers. C'est assez pour atteindre des eaux véritablement reculées sans arrêts carburant constants. Pour un propriétaire qui veut monter aux hautes latitudes une saison et rejoindre la Côte d'Azur la suivante, peu de yachts de cette génération offrent la même portée dans une seule coque. Peu de constructeurs hors des spécialistes établis de l'explorateur auraient pu livrer cette capacité avec ce niveau de finition à l'époque.
Où elle se situe aujourd'hui
Polaris compte dans l'histoire de Rossinavi parce qu'elle a prouvé que le chantier savait livrer un grand explorateur techniquement exigeant et le finir à un haut niveau. Cette réputation a nourri directement des projets ultérieurs comme Akula. Sur l'eau, elle affronte des explorateurs plus grands d'Europe du Nord, même si elle en devance beaucoup sur l'âge et sur le détail sur mesure. Ce genre de preuve vaut beaucoup pour un constructeur qui gagne encore sa reconnaissance face à des noms bien plus anciens.
À l'achat en occasion, un yacht comme Polaris parle à un acheteur précis, qui place la vraie capacité en haute latitude avant le volume pur. Son changement de nom en Polestar et l'intérêt continu du charter laissent penser qu'elle a bien tenu son rang. Sur un marché où les explorateurs ne cessent de croître en taille et en ambition, son mélange de capacité réelle et de détail sur mesure la garde pertinente. Pour Rossinavi, elle reste la démonstration la plus claire de jusqu'où un chantier familial de Viareggio peut aller.
Design
- Design extérieur: Enrico Gobbi - Team for Design
- Architecture navale: Arrabito Naval Architects (Giuseppe Arrabito)
Pour qui: Un propriétaire qui veut un vrai rayon d'action en haute latitude et une capacité glace sur un yacht de plein format, sans céder sur la finition et le confort d'un vaisseau amiral méditerranéen.
Prix indicatif: Commande d'un propriétaire privé ; aucun prix demandé public. Vaisseau amiral de classe glace de 70,2 m / 230 ft, livré en 2021 (plus grande construction de Rossinavi ; rebaptisé depuis).